Chargement en cours . . . 
le problème
en
philosophie

 télécharger / imprimer la page...
page précédente...
dossiers, lexiques, textes, ...
la dissertation, le commentaire...
mises à jour, projets...
moteurs de recherche...
Philia [accueil]
   Mots clés :
Moteur actif Cléphi  
démarches - méthodes - méthodologie - problème - problématisation - problématique - dissertation - commentaire - analyse - conceptualisation -
Vous êtes ici :

 Démarches > la dissertation & le commentaire > identifier le problème
 le problème en philosophie (Version Détail)

édition originale 19-02-2003
actualisée le 09-11-2006
Version :
| Résumé | Détail |

Le problème dans la      dissertation

Le problème dans le      commentaire

Qu'est-ce qu'un problème philosophique ? Vous devez vous douter de l'importance de cette notion : la dissertation, en effet, peut être définie comme une tentative pour traiter un problème. Et le commentaire de texte porte sur un extrait dont la thèse constitue la solution d'un certain problème...

Le problème n'est pas la question
(Allons bon !)

| Résumé | Détail |


Au baccalauréat, depuis de nombreuses années déjà, les sujets de dissertation se présentent exclusivement sous la forme de questions. Il est tentant, dans ces conditions, de confondre le sujet et le problème. Il faut pourtant écarter cette tentation : le problème n'est pas la question... et bien sûr la question, c'est-à-dire le sujet, n'est pas le problème !

Le problème, c'est ce qui fait que la question est embarrassante, ce qui fait qu'elle ne semble pas pouvoir recevoir de réponse simple et immédiate. Le problème est donc en quelque sorte "derrière" la question : il est ce qui fait que la question se pose et mérite réflexion - précisément parce que la "réponse" ne va pas de soi.

Remarquez bien que cela ne signifie pas :

  1. Que la question soit insoluble, qu'elle ne puisse recevoir aucune réponse. Nous disons bien : le problème est ce qui fait que la question ne semble pas pouvoir recevoir de réponse... Il y a donc peut-être une "réponse", mais il n'est pas du tout évident de savoir d'abord laquelle : il faut donc réfléchir, et pour cela procéder à un examen rigoureux et détaillé.

  2. Que la "bonne réponse" soit une sorte de mélange ou de moyenne entre les différentes réponses possibles. Imaginez ce que ce genre de "solution" donnerait pour un sujet tel que Faut-il douter de tout ? Il faudrait douter "(un peu) de tout" et "(un peu) de rien", ou bien "ne douter de rien" et "douter de tout"... Ce qui est absurde. Nous verrons, plus loin, comment se donner des chances de découvrir une solution au problème posé par le sujet.

...Une chose est sûre : si vous ne percevez pas le problème posé par un sujet de dissertation, vous aurez beaucoup de mal à traiter le sujet, car "traiter le sujet", c'est justement s'efforcer de résoudre le problème. Donc si vous ne voyez pas le problème, vous serez bien en peine de conclure quoi que ce soit de précis, et du coup, vous ne verrez pas non plus quel "plan" adopter.

De même, si vous n'identifiez pas le problème auquel un texte philosophique entend apporter une solution, vous aurez toutes les peines du monde pour produire un commentaire de texte digne de ce nom : en effet, vous ne comprendrez pas bien l'intérêt philosophique du texte, vous ne percevrez pas l'originalité de la solution, et, de ce fait aussi, vous serez incapable d'en débattre et de l'évaluer.

Donc retenez bien ceci :  PAS DE PROBLEME => PAS DE PHILOSOPHIE !!!


La notion de problème philosophique
(Tout problème n'est pas philosophique)

| Résumé | Détail |


Il est évident que tout problème n'est pas philosophique ! Ainsi, je peux bien rencontrer un problème pour stationner en ville : c'est bien "embarrassant", mais il s'agit d'un problème purement "pratique" - qui n'a bien sûr rien à voir avec un problème philosophique.

Les problèmes techniques sont des problèmes d'efficacité de l'action. Ce sont donc aussi, comme on dit, des problèmes "pratiques".

Les problèmes scientifiques, quant à eux, peuvent toujours être ramenés à des problèmes d' adéquation des connaissances à un donné factuel (tels sont, par exemple, les problèmes du physicien ou de l'historien qui cherchent la vérité des faits - naturels ou humains), ou bien des problèmes de cohérence, de suffisance et de décision (les problèmes de la logique mathématique). Pour savoir quelle est la "bonne réponse", valant comme solution, il faut s'assurer, dans le premier cas, qu'elle correspond bien à la réalité (vérité de fait établie par l'expérience) ; et dans le second cas, que les points de départs sont eux-mêmes vrais et compatibles avec elle (vérité de raison établie par la démonstration).

Il n'est pas toujours facile de distinguer un problème philosophique d'un problème non philosophique, mais si on y parvient, c'est bien entendu parce qu'on aura pu se mettre d'accord sur ce qu'est la philosophie, par exemple la recherche de la sagesse, l'interrogation sur le sens, ou encore sur les principes fondateurs de la connaissance ou de l'action...

Nous reviendrons une autre fois sur la question de ce critère distinctif des problèmes philosophiques.


Découvrir le problème philosophique
(Ou bien.. ou bien...)

| Résumé | Détail |


Si le problème, est bien ce qui fait que la question est embarrassante, alors, pour formuler un problème, il suffit d'expliciter ce qu'il y a d'embarrassant dans la question et qui fait que la réponse ne peut pas être immédiate, simple, ou, comme on dit, "évidente".

Or, qu'est-ce qui est embarrassant ? De pouvoir choisir facilement "oui" ou "non" ? Certainement pas !

Donc, ce qui est embarrassant, c'est de ne pouvoir répondre facilement, ni par "oui" ni par "non" ! En d'autres termes, ce qui est "problématique", c'est L'EMBARRAS DU CHOIX : deux réponses (=deux thèses) semblent également vraies, alors même qu'elles sont incompatibles, et que l'on peut à priori penser que la "bonne réponse" est nécessairement l'une des deux.

Comment choisir, en effet, si les deux thèses paraissent aussi vraies l'une que l'autre... alors qu'elles se contredisent ?

  • Un exemple : Le fanatisme, amour ou peur de la vérité ? ...Si le fanatique n'aimait pas la vérité, s'il n'entretenait pas avec elle ce rapport amoureux, jusqu'à l'aveuglement, on rendrait difficilement compte de la passion qui l'anime de toute évidence : un être sans aucun rapport à la vérité (un animal par exemple) ne saurait être fanatique. Mais s'il ne craignait pas la vérité, autrement dit s'il l'aimait vraiment, pourquoi n'accepterait-il pas de discuter de ce qui lui tient tellement à coeur ?
    => L'alternative, ici très explicitement indiquée dans la question (amour OU peur), semble donc indécidable. Le fanatique, qui est sincère, semble aimer passionnément la vérité, mais son refus de la discussion, son absence d'esprit critique semblent bien plutôt évoquer la crainte d'être remis en question : n'est-ce pas le signe qu'il craint la vérité au plus haut point, et peut-être même la vérité plus que tout ?
     
  • Un autre exemple : L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ? ...L'Etat est à l'origine du droit, synonyme de liberté. Mais concrètement, le droit, ce sont les lois, lesquelles limitent notre liberté. L'Etat semble donc être à la fois ce qui permet la liberté et ce qui la limite, voire l'empêche, l'ami et l'ennemi de la liberté, ce qui est contradictoire. Il ne manque d'ailleurs pas d'exemples, dans l'histoire, pour étayer chacune de ces proprositions : s'il est vrai que les Etats totalitaires confisquent toute liberté, il n'en est pas moins vrai que les périodes de grave crise sociale et économique conduisent à l'anarchie, et la liberté se perd, cette fois, faute d'ordre politique.
    => L'alternative est donc ici entre l'idée d'un Etat oppresseur et l'idée d'un Etat libérateur. Et ces deux idées, qui s'opposent manifestement, semblent aussi vraies l'une que l'autre. Il y a donc un vrai problème !
     
  • Encore un exemple ? La liberté peut-elle se confondre avec le sentiment d'être libre ? ...La liberté est le fait du sujet humain : pourquoi dès lors serait-il déraisonnable de penser qu'il suffise de se penser subjectivement libre pour l'être effectivement ? Chacun n'est-il pas libre dans l'exacte mesure où il se sent libre... Et inversement, ne pas éprouver ce sentiment , n'est-ce pas à coup sûr ne pas être libre ? Mais ne peut-on pas penser aussi que c'est le sujet humain qui confond les deux, c'est-à-dire qui se trompe ? La liberté peut-elle et doit-elle donc ne recevoir qu'une définition subjective, ou bien faut-il convenir qu'elle existe indépendamment de toute pensée, de toute subjectivité ?
    => L'alternative est donc entre l'idée d'une liberté subjective, vécue, et définie par l'épreuve qu'on en fait, et l'idée d'une liberté objective, dont on pourrait même fournir une preuve : la liberté se prouve-t-elle, ou s'éprouve-t-elle ? Là encore, ces idées semblent pouvoir être défendues toutes les deux. Or elles semblent bien incompatibles : c'est un problème, là encore.

La formulation du problème permet aussi d'entrevoir l'enjeu de la question. Pour mieux comprendre cette notion d'enjeu, reprenons chacune des 3 questions données en exemple :

  • Le fanatisme, amour ou peur de la vérité ? La question a beau porter sur le fanatisme, ce qui est en cause, c'est bien notre rapport à la vérité, que nous soyions "fanatiques" ou non... Il s'agit bien d'un sujet philosophique, dans cette mesure même : car ce que ce sujet implique, c'est de déterminer quelle est l'attitude sage à l'égard de la vérité. Le fanatique est un fou, si l'on veut. Pourtant, il aime la vérité... Est-il sage, alors, de n'aimer pas le vrai ? Cela paraît invraisemblable : qu'est-ce donc qu'aimer le vrai philosophiquement ?
     
  • L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ? La question a beau porter sur l'Etat, ce qui est en cause, c'est l'idée que nous nous faisons de notre liberté dans son rapport à la loi, à l'ordre : la sagesse, là encore, ne consiste-t-elle pas à penser un ordre de la liberté ? ...Pas n'importe quel ordre, bien sûr, puisque l'ordre instauré par l'Etat peut ruiner la liberté. Pourtant, dans la mesure où l'absence d'Etat fait également perdre la liberté, la liberté sans ordre et sans loi ne paraît être qu'un fantasme. Qu'est-ce donc que la liberté philosophique ?
     
  • La liberté peut-elle se confondre avec le sentiment d'être libre ? Là encore, l'enjeu est la définition de la liberté : le sage peut-il se contenter de se croire libre ? Cette pensée n'est peut-être qu'une illusion. Pourtant, serait-on libre si on ne se savait pas libre ? Qu'est-ce donc, à nouveau, que la liberté philosophique ?

Nous reviendrons sur ces notions de problème et d'enjeu philosophiques, de façon plus précise, dans les pages consacrées au commentaire de texte et à la dissertation, notamment à l'introduction de la dissertation.

l'analyse littérale | l'analyse critique | les sujets ouverts



Moteur actif : Cléphi

changer le moteur =>  Cléphi  | Zoom | X-Recherche | aide

 remonter



            


 - Contrat Creative Commons (certains droits réservés) -